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La ruralité et les terrasses
Corbara. Borgo Sala, l’ermitage de Sant’Erasmo et les terrasses classées au patrimoine mondial de l’UNESCO
Le parcours commence à Corbara, un balcon naturel entre les monts Lattari et la vallée, qui fait partie du site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO de la côte amalfitaine. Il convient de rappeler que la côte amalfitaine est classée au patrimoine mondial de l’humanité pour son paysage en terrasses, qui comprend également les pentes montagneuses de Corbara, qui appartenaient au monastère de San Trifone di Ravello entre 1500 et 1700, période durant laquelle des échanges et des relations culturelles intenses se sont développés avec le versant côtier.
Ce lien ancien est évident dans le cœur médiéval du village, le Borgo Sala : un agglomérat de maisons adossées les unes aux autres, reliées par des ruelles et des escaliers qui s’entrelacent comme des fils de pierre. L’axe des routes principales, plates, s’étend d’est en ouest et rejoint des escaliers et des chemins en pente : un système ingénieux créé par les habitants pour réguler les eaux de pluie provenant du Monte Cerreto, en construisant en harmonie avec la morphologie du lieu. C’est pourquoi le centre historique de Corbara présente la même structure que les villages de la côte amalfitaine et non celle, avec des cours intérieures, typique des centres de l’Agro nocerino-sarnese.
L’histoire du village remonte toutefois à l’époque romaine, avec l’arrivée de populations à la suite de l’éruption de 79 après J.-C. et de la destruction de Nuceria Alfaterna pendant le siège d’Hannibal. À partir de 1785, Corbara fit partie de la civitas Nuceriae. Le nom « Sala » (salle) remonte à l’époque lombarde : cette zone abritait en effet le lieu destiné aux assemblées publiques et à l’administration des affaires communes. Les découvertes les plus récentes situent la salle à l’emplacement actuel de la chapelle San Giuseppe, datant du XVIIIe siècle, cœur idéal du centre historique, point de convergence de toutes les ruelles qui menaient autrefois à la salle communautaire, puis à la petite église.
Le village de Corbara est dominé par l’ermitage de Sant’Erasmo, aujourd’hui lieu de spiritualité isolé : l’église, à nef unique, est accessible par un long escalier qui serpente entre de petites terrasses-jardins. Ce tronçon est le centre de la visite de la chapelle, qui n’est souvent pas accessible car elle accueille un ermite. Le long du parcours, on comprend clairement pourquoi cette bande de collines fait partie du paysage de la côte amalfitaine classé au patrimoine mondial de l’UNESCO : ce sont les terrasses qui dessinent le paysage, les murs en pierres sèches et les parcelles cultivées qui ont rendu habitable et productive une montagne autrement escarpée.
Sur ces terrasses, uniquement à l’ombre des vignes et en culture sèche, est produite la Pomodorino di Corbara, une tomate savoureuse issue d’une culture héroïque qui, aujourd’hui, en raison de sa qualité et de sa saveur, est un produit phare de la haute gastronomie. Du haut, le regard s’ouvre sur un panorama très vaste : d’un côté, l’Agro Nocerino Sarnese, de l’autre, le golfe de Naples avec le Vésuve en arrière-plan. C’est une terrasse naturelle entre deux mondes : la côte amalfitaine et la vallée du Sarno, et Corbara devient le lien parfait entre ces deux identités.
Sant’Egidio del Monte Albino. L’aqueduc romain, la source Helvius et l’abbaye millénaire
En descendant en voiture depuis Corbara, le trajet mène en quelques minutes à Sant’Egidio del Monte Albino, l’un des lieux qui illustrent le mieux la vie communautaire de l’Agro. Le centre historique, avec ses cours intérieures, ses palais donnant sur des ruelles étroites, ses escaliers reliant les habitations les unes aux autres, fait également partie de la zone reconnue par l’UNESCO comme paysage culturel de la côte amalfitaine. Ici, chaque cour a été pendant des siècles un espace partagé : on y partageait l’eau, le four, les fêtes, les histoires. Derrière les portes se cachent des jardins intérieurs, des potagers, des pergolas qui témoignent d’une sociabilité basée sur le « nous » plutôt que sur le « moi ».
En réservant auprès de l’office du tourisme de Sant’Egidio del Monte Albino, vous pouvez visiter l’aqueduc romain de Sant’Egidio, un ouvrage imposant mais discret : un canal souterrain en opus reticulatum qui, depuis des siècles, recueille les eaux des sources de la montagne et les achemine vers la vallée. Aujourd’hui encore, il alimente la source Helvius, liée à l’ancienne villa romaine des Helvii : un lieu où se rencontrent l’histoire hydraulique romaine, le paysage rural et la vie quotidienne du village. La source tire son nom de son commanditaire, Publius Helvius, un magistrat de l’ancienne ville de Nuceria, qui l’a fait construire à ses frais. L’importance de la source réside dans son iconographie : sur ses côtés, elle conserve les seules représentations plastiques du dieu Sarno, présenté à gauche comme un enfant (le fleuve à sa source), au centre comme un homme puissant et mûr (le fleuve au milieu de son cours) et à droite comme un vieil homme (le fleuve qui se jette, fatigué, dans la mer). À quelques mètres se dresse l’abbaye millénaire de Santa Maria Maddalena in Armillis, église mère du village et ancien monastère bénédictin : un complexe monumental qui, pendant des siècles, a gouverné spirituellement et matériellement le territoire, gérant les terres, les eaux et la communauté. À l’intérieur, elle abrite un polyptyque de facture raffinée et d’une grande valeur artistique et culturelle : il date de 1540 et est l’œuvre de Giovan Battista Firello.
San Marzano sul Sarno. Terre de la tomate AOP et identité agricole de l’Agro
En continuant en voiture vers la plaine, laissant les collines derrière soi, l’itinéraire atteint San Marzano sul Sarno, où la terre devient la protagoniste absolue. C’est ici que naît et tire son nom la tomate San Marzano dell’Agro Sarnese-Nocerino AOP, « l’or rouge » de la Campanie, appréciée dans le monde entier pour sa chair compacte, sa forme allongée et sa vocation naturelle à être transformée en tomates pelées. Parler de la tomate San Marzano, c’est parler de l’un des produits les plus représentatifs du Made in Italy dans l’imaginaire contemporain. Les champs qui entourent le village sont le théâtre quotidien de cette agriculture identitaire : des rangées parallèles de plantes, des canaux d’irrigation, des mains qui s’affairent pendant la période des récoltes.
Dans le centre habité, l’église de San Biagio préserve la dimension communautaire de la foi : un lieu de référence pour la population, autour duquel s’est structurée la vie religieuse du village. À proximité, la Confraternité du Saint Rosaire conserve un tableau d’Angelo Solimena, signe de la présence, même dans un contexte profondément agricole, d’une sensibilité artistique raffinée. Dans un Agro Nocerino fait de routes très fréquentées et de grandes agglomérations urbaines, ce petit espace devient l’un de ces lieux cachés de réflexion que les petites villes gardent souvent sans ostentation.
San Valentino Torio. La tradition rurale et l’Infiorata di Casatori
Le parcours en voiture reprend et se dirige vers San Valentino Torio, où la ruralité rencontre explicitement la dimension rituelle et festive. Le village a toujours été lié à l’agriculture de l’Agro Nocerino Sarnese et à la culture de la tomate San Marzano, mais aussi à la production maraîchère et aux plats typiques qui allient simplicité et créativité paysanne. L’église San Giacomo Maggiore, avec ses trois nefs et son escalier spectaculaire en blocs de piperno, est le lieu religieux le plus important : elle abrite le précieux « Triptyque de San Giacomo », œuvre d’Andrea Sabatini, qui ajoute une touche d’art splendide au tissu rural. Mais c’est dans le hameau de Casatori que la relation entre la terre et le rituel s’exprime avec le plus d’intensité : ici, chaque année, se déroule la célèbre Infiorata di Casatori (fête des fleurs) qui, depuis des décennies, le troisième dimanche de septembre, transforme les rues en tapis de pétales, de dessins floraux et de tableaux éphémères dédiés à Marie Très Sainte des Douleurs. C’est un rituel de foi qui se manifeste à travers le lien avec la terre mère et ses produits : les fleurs, les couleurs, les parfums s’entremêlent aux fruits de la terre, dans un remerciement collectif.
Striano. L’église mère et la mémoire communautaire d’un village rural
Enfin, le voyage arrive à Striano. L’église mère de San Giovanni Battista, dont les origines remontent au Moyen Âge, représente le cœur religieux et urbain du village. La communauté, autrefois composée de paysans et de bergers vivant dans une région marécageuse et difficile, a construit autour de l’église un réseau de relations, de fêtes patronales, de processions et de moments de partage. La structure en croix latine, les chapelles latérales, la coupole et les décorations intérieures racontent, pierre après pierre, la ténacité d’un centre rural qui a su se développer sans rompre le lien avec son histoire.
Longueur
environ 18 km (avec de courtes promenades entre les étapes)Durée
environ 6 heures (sans pauses)Modalités
voiture ou moyen de transport privé (avec des tronçons à pied)Itinéraires et distances
Striano. L'église mère et la mémoire communautaire d'un village rural
Corbara → Sant'Egidio del Monte Albino :
environ 3,2 km – 5/7 min.
Sant'Egidio del Monte Albino → San Marzano sul Sarno :
environ 7 km – 10 min.
San Marzano sul Sarno → Striano :
environ 7 km – 10 min.
Striano → San Valentino Torio :
environ 5,4 km – 9/10 min.
Informations utiles
Corbara
Il est conseillé de se garer près du Borgo Sala et de continuer à pied dans les ruelles du centre historique. L’axe principal est plat, mais les différentes rues sont reliées par des escaliers. Convient aux visiteurs ayant une bonne mobilité.
L’ermitage de Sant’Erasmo nécessite de monter un long escalier, ce qui ne convient pas aux personnes à mobilité réduite.
Sant’Egidio del Monte Albino
Le centre historique se visite à pied. Pour l’aqueduc romain et la fontaine Helvius, il est conseillé de contacter la Pro Loco pour y accéder. La zone de l’abbaye est accessible par de courts trajets à pied.
San Marzano sul Sarno
L’église de San Biagio est située dans le centre-ville et est facilement accessible à pied depuis les principaux lieux de stationnement.
San Valentino Torio
Il est conseillé de se garer près de l’église San Giacomo Maggiore. Il faut monter quelques marches avant d’entrer. À l’intérieur, l’accessibilité est bonne. Le hameau de Casatori, surtout pendant les jours de l’Infiorata, est très fréquenté et il peut être nécessaire de marcher un peu pour rejoindre les lieux de la manifestation.
Striano
L’église mère de San Giovanni Battista est située dans le centre-ville et est accessible à pied depuis les parkings municipaux.
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Pour plus d’informations sur les coordonnées, les contacts et les modalités de visite, vous pouvez consulter les fiches consacrées à chaque site inclus dans l’itinéraire.













