Le fleuve Sarno est le symbole d’une histoire millénaire, une voie d’eau qui relie des sites archéologiques, des traditions anciennes et la mémoire des populations locales qui ont toujours lié leur existence à son cours.
Le Sarno est un élément central et millénaire du paysage de la Campanie, son bassin versant s’étendant sur trois provinces (Salerne, Naples, Avellino) et représentant une artère vitale pour le territoire environnant depuis l’époque préromaine.
Bien que peu long (environ 24 km), il s’agissait d’une voie de communication fondamentale qui faisait office de « port » intérieur pour les populations de la région, permettant l’échange de marchandises vitales pour des villes telles que l’ancienne Pompéi. Comme d’autres grands cours d’eau, le Sarno était également vénéré en tant que divinité fluviale, comme en témoigne la célèbre Fonte Helvius à Sant’Egidio del Monte Albino, où un bas-relief du 1er siècle avant J.-C. rappelle le lien spirituel qui unissait les peuples de l’époque au fleuve.
Au fil des siècles, le Sarno a continué à influencer l’économie locale, en alimentant de nombreux moulins et en favorisant des activités telles que la pêche et, à l’époque médiévale et moderne, la culture du chanvre dans les « fusare » (lacs artificiels) caractéristiques. Cependant, son cours a été soumis à des modifications anthropiques continues dans le but de dompter le fleuve et d’en exploiter toutes les ressources, ce qui a profondément altéré son équilibre.
À partir du XVIIe siècle, avec la construction de barrages (comme le célèbre passage de Scafati) et de canaux artificiels, une longue phase a commencé qui a considérablement réduit la navigabilité et a provoqué l’inondation de vastes zones. L’intervention la plus incisive a eu lieu au XIXe siècle, avec la rectification du bas Sarno, un ouvrage imposant destiné à récupérer et à assainir la vallée, mais qui a inévitablement déformé le cours naturel.
Rio Foce in Sarno : un espace précieux entre paysage et spiritualité
Rio Foce est situé au nord-ouest de la ville de Sarno, là où le cours d’eau redevient visible, et constitue un point de vue privilégié pour observer la richesse naturelle et paysagère de la rivière. C’est là que s’ouvre un paysage varié, dans lequel la rivière coule lentement à travers des forêts de feuillus et des prairies, traversées par des ruisseaux et de petits canaux. Le nom « Foce » ne provient pas de l’embouchure du fleuve, comme on pourrait le penser, mais du mot latin « faux, faucis », qui indiquait l’ancien passage étroit entre les montagnes et le cours d’eau qui caractérisait ce lieu.
Dans cette zone se trouve l’ancien sanctuaire de Santa Maria della Foce, un lieu profondément lié à l’histoire et à la foi de la région depuis l’histoire de ses origines.
Selon une légende médiévale, en 553 après J.-C., le général byzantin Narses, revenant victorieux d’une bataille le long du fleuve Sarno, vit la Vierge Marie apparaître à un groupe de femmes qui puisaient de l’eau à la source. Un premier temple chrétien fut érigé en souvenir de cet événement. Au cours des siècles, le sanctuaire a été reconstruit à plusieurs reprises : au XIIe siècle, saint Guillaume de Vercelli y a travaillé et, après des inondations et des éruptions, de nouvelles structures ont été érigées. L’église actuelle, à nef unique, conserve des fresques du XVIIIe siècle réalisées par le père Aurelio Balzani et, sur le maître-autel, une statue en bois de la Vierge à l’Enfant (XVIe siècle), objet d’une dévotion particulière.
À l’extérieur du sanctuaire, on trouve des traces de l’ancien village et les vestiges d’un sanctuaire païen découvert au milieu du XXe siècle. L’atmosphère intime fait de la visite une expérience de calme, de mémoire et de spiritualité.
Aujourd’hui encore, au mois d’août, le pèlerinage nocturne qui accompagnait autrefois la foire de la mi-août, l’une des plus anciennes traditions du territoire sarnais, est renouvelé.
D’un point de vue naturaliste, la zone du Rio Foce abrite de nombreuses espèces d’oiseaux aquatiques et la faune typique des cours d’eau intérieurs de la Campanie. Le long des berges, non loin du sanctuaire, se trouve le Parco fluviale dei 5 Sensi, une zone réaménagée à proximité des structures de l’Acquedotto Campano et du lit du fleuve. Par beau temps, il est agréable de s’asseoir sur les bancs face au fleuve, en écoutant l’eau couler et la lumière filtrer à travers la végétation. En automne, le parc se colore de teintes chaudes et devient un lieu suggestif pour admirer les feuillages et les parfums de la forêt.









