Sur le territoire de Nocera Superiore se trouve l’un des lieux de culte les plus fascinants et les plus anciens de Campanie : la basilique Santuario di Santa Maria Materdomini.
Ce complexe monumental, reconnu comme monument national et basilique papale mineure, n’est pas seulement une destination de pèlerinage, mais un trésor qui renferme des siècles d’art, de foi et de passage d’illustres têtes couronnées. L’atmosphère que l’on respire en arrivant au cimetière est celle d’une spiritualité ancienne, profondément enracinée dans la culture locale et l’histoire du sud de l’Italie.
Origines légendaires : le chêne et le « Cona ».
Le cœur spirituel du sanctuaire est l’image sacrée de la Mère de Dieu, Mater Dominien latin, dont l’origine remonte à une tradition populaire. La légende raconte que vers l’an mille, une jeune paysanne, Caramari, alors qu’elle se reposait à l’ombre d’un chêne, eut une vision de la Vierge Marie qui lui demanda de creuser à cet endroit précis. Entre les racines de l’arbre, une peinture de la Vierge fut trouvée, protégée par deux planches de châtaignier. Cette icône, affectueusement appelée
Au fil des siècles, Materdomini a été une destination privilégiée pour les souverains et les personnages illustres, qui venaient y chercher guérison, réconfort ou protection. Les chroniques rapportent qu’Henri IV de Franconie fut guéri de la lèpre lors d’une visite au sanctuaire. Les souverains normands ont eu une relation plus complexe : Guillaume le Mauvais l’a saccagé, mais son fils Guillaume le Bon l’a dédommagé et a favorisé son embellissement.
Le lien avec la dynastie angevine était particulièrement intense. À l’intérieur de la basilique se trouve le tombeau du jeune Robert d’Anjou, fils de Charles Ier et de Béatrice de Provence, mort à l’âge de sept ans. La reine Béatrice, décédée dans le Château du Parc de Nocera Inferiore, fut d’abord enterrée à côté de son fils avant d’être transférée en France, faisant du sanctuaire un lieu de mémoire familiale pour la lignée angevine.
L’intérieur de la basilique
En entrant dans la basilique, on perçoit immédiatement la longue histoire du sanctuaire, qui se reflète dans la superposition des styles et des interventions qui ont façonné l’édifice au fil du temps. La nef principale, lumineuse et ponctuée de chapelles latérales, guide le regard vers le maître-autel, cœur spirituel de l’ensemble. C’est là qu’est conservée l’effigie sacrée de la Madone de Materdomini, couronnée au XVIIIe siècle et qui a toujours fait l’objet d’une intense dévotion. Autour de l’autel se trouvent des meubles, des inscriptions et des témoignages votifs qui racontent des siècles de foi vécue, y compris des offrandes votives en argent, des bijoux et des cadeaux laissés par les fidèles. Les travaux de restauration effectués après la Seconde Guerre mondiale ont permis de rétablir l’unité de l’ensemble, tout en préservant la variété des stratifications qui caractérisent la basilique.
L’église et le couvent ont été gardés au fil du temps par différents ordres religieux jusqu’aux frères mineurs franciscains, qui s’en occupent encore aujourd’hui.
La fête de Materdomini et la dévotion populaire
La fête de la Madonna di Materdomini représente l’un des moments religieux et populaires les plus populaires de l’Agro Nocerino Sarnese. Comme pour le Sanctuaire de la Madonna delle Galline à Pagani et le Sanctuaire de la Madonna dei Bagni à Scafati, ici aussi la dévotion se mêle à un patrimoine rituel articulé, fait de pratiques anciennes, de musique traditionnelle et de formes de participation communautaire. La célébration s’ouvre par des pèlerinages dans la nuit du 14 au 15 août, qui conduisent des centaines de fidèles au Sanctuaire de Materdomini. Les groupes partent de Nocera Superiore et des communes voisines, souvent accompagnés de charrettes votives décorées. Il s’agit d’une tradition profondément enracinée, qui associe la prière, la marche et les rituels collectifs. La nuit du 14 août est caractérisée par une veillée qui combine des moments de prière et des expressions du folklore local. La chanson
Le plat de la fête est la « palatella », un pain allongé aux extrémités arrondies, qui est généralement garni d’aubergines marinées (« a mpupat ») et d’anchois. Ces rites représentent non seulement un événement religieux, mais aussi un patrimoine immatériel qui continue d’être partagé et transmis au sein de la communauté.
















